Ils ont dit oui

Ça a commencé par un départ dans les embouteillages. Impossible de quitter Montréal sereinement un vendredi à 16h, encore moins en partant du centre-ville.

Il nous aura fallu 2h30 pour nous rendre à V., au lieu des 1h30 annoncés. Juste le temps de s’arrêter à la SAQ faire le plein de bourbon pour les gars, et de flasques de vodka pour moi. Juste le temps de constater que, à part ma robe de soirée, je n’avais rien emporté. Juste le temps d’annoncer que oui, mon sac était plein de niaiseries, mais que je n’avais ni bobettes, ni t-shirt, ni… rien. Mais j’avais pensé au fer à boucler ! (que je n’ai pas utilisé ahem…). Heureusement, Mademoiselle avait emporté la moitié de son armoire, au grand damn de son amoureux et à mon plus grand soulagement.

Ça a continué par une arrivée rocambolesque, à peine le temps d’accrocher la robe et le costume qu’il fallait repartir pour la répétition. Une répétition dans le noir, éclairée par la lumière des cellulaires, où j’ai eu l’honneur de défiler dans l’allée en tant que mère de Mr., père de Mrs. et copain de T. Heureusement que je change de rôle comme de chemise !

14457379_10210532316454477_8241555505116913168_n

Puis on a continué avec une poutine (Oui, il faudra que je vous en parle) (Non celle de la ville de V. n’est pas meilleure que celle de Montréal, contrairement à ce qu’on peut en dire) (Non, je n’en démordrai pas) et on a popé le champagne. C’était plus que mérité.

On a bu, on a rit, on a pleuré un peu aussi. On s’est confiés, on a chanté, et on est parti se coucher.

Si j’avais su que le lendemain serait aussi actif… j’aurai essayé de trouver le sommeil plus rapidement.

Parce que le lendemain…

On s’est échappées avec T., juste le temps de prendre le petit déjeuner pour avoir des forces pour la journée.

img_0084

Et quand on est rentrées…

C’était le branle-bas de combat !!!!!

On avait dû probablement réserver toutes les chambres de l’hôtel. Le quatrième étage nous appartenait. Ça criait, ça rigolait, ça s’énervait, ça repassait entre deux chambres, au milieu du couloir. Ça reprisait le bouton qui venait de péter, parce que tu l’as acheté quand ton costume, t’as pris 10 livres depuis ou quoi ? et parce que je crois que mes chaussures sont pas bien cirées… nan mec t’es sérieux, des Calvin Klein toutes neuves ! Maman t’as pas du cirage ? Nan bon va demander à Patricia. Non mais Patricia elle a un fer plat, quelqu’un avait besoin d’un fer plat non ? Oui moi ! Sinon j’ai un fer à boucler si quelqu’un veut, non personne ? Bon… et parce que comment ça s’attache un noeud papillon ? Et parce que vous devriez pas être dans la suite au 5ème vous ? Si mais Mrs. pleure, elle commence à craquer, alors on est allé chercher le mascara waterproof. Ah oui ok bonne idée, j’ai un fer à boucler si elle veut aussi.

Personne n’en veut de ton fer à boucler Maé ! (ça c’est mon Canadien qui crie là)

Parce que c’est l’heure de partir on va être en retard ! Mais c’est pas à 5 min d’ici ? Il est juste 2h15. Si mais je dois coller des papiers sur les chaises pour réserver les places ! Ah oui ils sont beaux tes post-it blancs, mais tu sais que “réserver” ça s’écrit “réservé” dans ce cas ? Ah bon ben si tu as fini le bloc de papier de l’hotel, c’est pas grave, on va laisser comme ça. Mais si les gens vont comprendre. Ah je viens d’avoir la marraine au téléphone, elle vient de coller des papiers personnalisés sur les chaises, c’est bon, tu peux ranger ton bloc. Non le ranger, pas le manger, pourquoi tu manges ton bloc ? Ah bon tu es énervée ? Bon on va y aller alors.

Parce qu’il faut attendre K., qui n’est pas prête. Mais K elle est jamais prête de toute façon ! Oui mais attends je suis arrivée il y a 35 minutes ! Tu faisais quoi avant ? Euh… (elle mangeait, c’est ça la vérité, démasquée !). Et puis parce que tu donnes les bouquets et moi je vais distribuer les pétales. Mais qui c’est qui donne le gros bouquet principal ? C’est moi ! T’es sûre ? Ah non c’est Mademoiselle qui doit le donner ! Je croyais que c’était T. !

Parce qu’il a fallu consoler la maman 5 minutes avant le début, qui n’en revenait pas du moment qu’elle allait vivre, parce que le papa était au bord de la crise de nerfs, parce que mon Canadien a bu une gorgée de whisky, dans la flasque cachée dans la poche intérieur de sa veste avant d’annoncer au micro que ce serait bien que tout le monde prenne place parce que ça allait commencer.

Et puis parce qu’on s’est finalement tous assis, puis tous levés en applaudissant, pendant longtemps. Le temps que Mr. et la maman et le papa arrivent, puis le temps que Mademoiselle et son monsieur arrivent, puis T. et les autres. Puis la vieille voiture est arrivée, puis Mrs. en est descendue.

Et on a tous pleurés.

C’est le moment de la vidéo où tout tremble. Mon bras (qui filmait) n’a pas tenu le choc, en essayant de trop retenir la buée de mes yeux.

Je ne parlerai pas ensuite des échanges tellement émouvants que j’en ai la buée qui revient rien qu’à y repenser. Je ne parlerai pas non plus des pétales lancés, de la photo de groupe, de mon Canadien qui reboit une gorgée après avoir parlé pendant 30 minutes, des petites voitures de golf qu’on a conduit pour aller faire des photos au fond du golf (c’est TELLEMENT cool de conduire une voiture de golf !) (je veux commencer le golf juste pour ça !), du champagne qu’on a renversé partout dans les voitures, de celui qu’on a bu aussi, des positions étranges qu’on a pris “pour le bien de la photo”, de l’entrée en musique de presque nous tous, puis de eux, des anecdotes qui ont été balancées toute la soirée, suivi d’un baiser, de l’animateur qui ne se taisait jamais, des larmes qu’on a (encore) versé, des rires qui ont fusés, des danses qui ne se sont pas arrêtées, de Mia, qui danse la macarena comme personne, des slows qu’on a dansé comme si on avait 14 ans, des bonbons dévorés, du gateau adorable et de Mr. et Mrs. qui avaient l’air si heureux…

Ils se seront dit oui. Pour la vie.

img_0099

Advertisements